Science-Fiction 5
Monsieur 1738 s’interrompit soudain dans sa diatribe. Le code-barres tatoué sur sa nuque le démangeait, ce qu’il avait fini par identifier au fil des années comme un terrible présage. Il s’interrogea silencieusement sur le malheur qui pouvait bien s’être abbatu sur ses intérêts, mais l’assemblée générale des actionnaires se rappela rapidement à son souvenir lorsque l’un des plus gros requins du lot toussota avec impatience.
Toutes les deux semaines, les principaux financiers de la galaxie prenaient place par hologrammes interposés dans la salle des actes de la Guilde, dont l’un des multiples tentacules présenterait dans le plus grand secret les résultats opérationnels :chiffre d’affaires, stratégie à court et long terme, exécutions tactiques de dirigeants politiques ou économiques… Certains étaient devenus actionnaires par appât du gain, la Guilde étant sans aucun doute la multi-planétaire la plus rentable du millénaire, d’autres pour échapper aux menaces d’assassinat qui pesaient sur tous ceux qui s’opposaient à la Guilde.
Monsieur 1738 était le digne successeur de monsieur 1737 à la tête de l’une des branches les plus connues : Prospecteo, acteur de référence en prospection planétaire. Comme son prédécesseur et les 1736 autres avant eux, il était un mutant d’affaires : la copie parfaite d’une expérience de génie génétique du siècle précédent disposant de dons surhumains pour la conduite des affaires et la gestion de projets, et dont les employeurs avaient été si satisfaits qu’ils avaient prolongé son contrat par clonage et transfert de mémoire.
Comme l’original, il était grand, taillé sur mesure pour porter le costume trois-pièces avec élégance, et ses yeux d’un bleu sombre étaient particulièrement appropriés au port de la cravate de soie bleue réglementaire des dirigeants de la Guilde. Sa tête chauve se hissait humblement au-dessus du volume d’un crâne humain normal et son numéro de série avait été imprimé à la base de son cou pour être habilement caché par le col de sa veste.
Tout le monde savait qu’il était un clone, mais monsieur 1738 était spécial : si d’ordinaire, les clones se succédaient au rythme de deux ou trois par mois, il avait réussi à rester en vie pendant plusieurs années en évitant avec précaution les principales causes de mortalité des clones, à savoir l’abus de biens sociaux suivi d’une prompte exécution par les forces de sécurité de la Guilde. Ironiquement, cela réduisant d’autant ses chances de survie, puisque les marchés financiers avaient décidé de parier massivement sur la date de son décès et que bon nombre de spéculateurs auraient accueilli la nouvelle de sa disparition en geignant que ce n’est pas ce que vous croyez, monsieur l’agent.
Monsieur 1738 expira lentement, touchant discrètement son tatouage du bout des doigts. Devant lui, quelques centaines de visages impatients illuminaient l’amphithéâtre de la lueur bleutée de leurs hologrammes. Il continua sa présentation comme si de rien n’était.
Monsieur 1738 s’interrompit soudain dans sa diatribe. Le code-barres tatoué sur sa nuque le démangeait, ce qu’il avait fini par identifier au fil des années comme un terrible présage. Il s’interrogea silencieusement sur le malheur qui pouvait bien s’être abbatu sur ses intérêts, mais l’assemblée générale des actionnaires se rappela rapidement à son souvenir lorsque l’un des plus gros requins du lot toussota avec impatience.
Toutes les deux semaines, les principaux financiers de la galaxie prenaient place par hologrammes interposés dans la salle des actes de la Guilde, dont l’un des multiples tentacules présenterait dans le plus grand secret les résultats opérationnels :chiffre d’affaires, stratégie à court et long terme, exécutions tactiques de dirigeants politiques ou économiques… Certains étaient devenus actionnaires par appât du gain, la Guilde étant sans aucun doute la multi-planétaire la plus rentable du millénaire, d’autres pour échapper aux menaces d’assassinat qui pesaient sur tous ceux qui s’opposaient à la Guilde.
Monsieur 1738 était le digne successeur de monsieur 1737 à la tête de l’une des branches les plus connues : Prospecteo, acteur de référence en prospection planétaire. Comme son prédécesseur et les 1736 autres avant eux, il était un mutant d’affaires : la copie parfaite d’une expérience de génie génétique du siècle précédent disposant de dons surhumains pour la conduite des affaires et la gestion de projets, et dont les employeurs avaient été si satisfaits qu’ils avaient prolongé son contrat par clonage et transfert de mémoire.
Comme l’original, il était grand, taillé sur mesure pour porter le costume trois-pièces avec élégance, et ses yeux d’un bleu sombre étaient particulièrement appropriés au port de la cravate de soie bleue réglementaire des dirigeants de la Guilde. Sa tête chauve se hissait humblement au-dessus du volume d’un crâne humain normal et son numéro de série avait été imprimé à la base de son cou pour être habilement caché par le col de sa veste.
Tout le monde savait qu’il était un clone, mais monsieur 1738 était spécial : si d’ordinaire, les clones se succédaient au rythme de deux ou trois par mois, il avait réussi à rester en vie pendant plusieurs années en évitant avec précaution les principales causes de mortalité des clones, à savoir l’abus de biens sociaux suivi d’une prompte exécution par les forces de sécurité de la Guilde. Ironiquement, cela réduisant d’autant ses chances de survie, puisque les marchés financiers avaient décidé de parier massivement sur la date de son décès et que bon nombre de spéculateurs auraient accueilli la nouvelle de sa disparition en geignant que ce n’est pas ce que vous croyez, monsieur l’agent.
Monsieur 1738 expira lentement, touchant discrètement son tatouage du bout des doigts. Devant lui, quelques centaines de visages impatients illuminaient l’amphithéâtre de la lueur bleutée de leurs hologrammes. Il continua sa présentation comme si de rien n’était.