Science-Fiction 10

Brain passa la main dans ses cheveux blonds. Elle n’avait pas vraiment de cheveux, mais la dernière femelle dont elle avait capturé l’esprit avait déteint sur elle, et ça ne pouvait lui faire de mal de s’imaginer un peu plus coquette.

Depuis un bon moment déjà, elle luttait contre la solitude en explorant les souvenirs volés qu’elle avait conservé avec elle. Certes, elle avait perdu tout lien avec la réalité, mais quel était le danger ? Ses geôliers l’avaient abandonnée et, à leur éventuel retour, elle pillerait leur esprit pour s’approprier leur santé mentale.

Elle se dit qu’en rousse, c’était quand même mieux, et modifia promptement son image d’elle-même.

Brain avait bien évidemment une forme naturelle, celle qui apparaissait sur les photos et les enregistrements, et que la décence m’interdit de décrire ici. Mais par un artifice de télépathe, toutes les créatures conscientes la voyaient comme elle souhaitait être vue, ce qui améliorait grandement l’accueil qui lui était réservé.

Du coin de l’esprit, elle perçut une étincelle d’intelligence à proximité.

Elle avait un goût différent de celles qui rôdaient d’ordinaire à l’extérieur de la cellule.

En quelques secondes, quatre autre étincelles vinrent s’ajouter à la première. Des intelligences fonctionnelles mais limitées, embrumées dans leur subconscient primaire et aveuglées par un complexe de supériorité mal assumé. Des humains, sans aucun doute possible.

Avec prudence, Brain étira discrètement son esprit dans leur direction, tentant d’effleurer leurs pensées sans se faire remarquer. Et rencontra une barrière invisible, rugueuse et salée. Faute d’employer leur cerveau à autre chose que penser, les humains avaient acheté à une race d’esclavagistes les plans d’un bouclier mental. Pathétique et peu efficace mais néanmoins frustrant. Elle pourrait évidemment le contourner, mais employer à cette distance une force suffisante pour percer le bouclier pulvériserait probablement le fragile esprit qui se cachait à l’intérieur. Brain fit une petite moue, et continua de jouer avec son image.

Elle voulait être parfaite lorsque ses invités arriveraient.

Son image trouvée, elle commença à réfléchir à la musique qui accompagnerait son apparition. Son instinct lui suggérait de choisir une musique baroque, avec des choeurs et des crescendos bien placés. Cela avait toujours bien marché par le passé, pourquoi changer de recette ? Mais Brain avait envie d’autre chose. Comment espérer échapper à l’ennui en reprenant toujours les mêmes stratégies ?

Gémissez!

Aucn gémissement.

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